12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 04:34

Jehan Alain à Saint-germain-en-Laye

 

Jehan est l'orthographe ancienne du prénom Jean.

La lettre h ne doit pas être prononcée : on dit tout simplement Jean.

Jehan-Ariste Alain est né le 3 février 1911 à Saint-Germain-en-Laye, près de Paris, dans une famille de musiciens.

Fils d'Albert Alain, organiste et compositeur, et de Magdeleine Alain, née Alberty.

Etudes classiques au Collège de Saint-Germain-en-Laye, puis à Saint-Jean de Béthune, à Versailles.

 

Son père, Albert Alain (1880-1971), élève de Guilmant et de Vierne, fut organiste et compositeur de musique religieuse. Son frère Olivier et ses deux soeurs, Marie-Odile et Marie-Claire, devinrent également musiciens et organistes.

Dès l'âge de treize ans, Jehan Alain suppléa son père aux claviers du grand-orgue dans sa ville natale

http://www.jehanalain.com/

 Au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il fut l'élève d'André Bloch, de Georges Caussade, de Paul Dukas, de Roger Ducasse et de Marcel Dupré. Il obtint les premiers prix d'harmonie, de contrepoint et fugue, et d'orgue et improvisation.
Sa Suite pour orgue fut couronnée d'un premier prix de composition au concours des Amis de l'Orgue en 1936. La même année, il fut nommé organiste-titulaire à l'église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte.

Tout au long de sa courte vie, il ne cessa de composer pour le piano, l'orgue, la musique de chambre, les voix (solistes et choeurs) et l'orchestre. Son catalogue comporte plus de 140 oeuvres. Ses Litanies sont au répertoire des organistes du monde entier.

Mobilisé dans l'armée dès 1939, il trouva la mort en pleine maturité créatrice le 20 juin 1940, au cours d'une mission de défense de Saumur. Il avait vingt-neuf ans.

Mobilisé en septembre 1939 au régiment du 8ème Cuirassiers et tué au cours d'une mission pendant la bataille de Saumur le 20 juin 1940.

 

Jehan Alain est né dans une famille de musiciens. Son père Albert est l’organiste de l’église paroissiale de Saint-Germain en Laye. Il joue régulièrement à la chapelle royale de Versailles, dont l’orgue de Clicquot n’est hélas plus qu’un lointain souvenir. Albert Alain était plus qu’un musicien estimable. Il a laissé des motets d’une facture admirable, montrant une grande culture musicale. Il possédait dans sa bibliothèque beaucoup de musique ancienne, et s’était construit un véritable instrument à tuyaux, assez curieux et fascinant.

L’orgue d’Albert Alain était en fait le « cinquième enfant » d’une famille qui en comptait déjà quatre ! Jehan Alain, l’aîné, était né en 1911, suivait Marie-Odile, née en 1914, et décédée tragiquement en 1937 d’un accident de montagne, Olivier, né en 1918, puis enfin Marie-Claire, «  First lady of the organ », née en 1926, affectueusement surnommée poucette ! Chaque enfant était musicien. Olivier Alain, par exemple, compositeur, organiste et musicologue laisse une œuvre assez fournie et de très haute qualité.

 

La première œuvre d’orgue de Jehan Alain est née d’une circonstance particulière : l’orgue de la famille avait deux notes coincées, do # et ré #. Cet incident donna au jeune musicien de dix-huit ans l’idée de composer une courte pièce, dont l’harmonie d’une poésie irisée comprend ces deux sons tenus. 

 

L’orgue de la famille Alain

Grâce à l’association Jehan Alain, cet instrument, qui présente des particularités sonores et techniques uniques, a pu être magnifiquement restauré par la Manufacture d’Orgues de Saint-Martin (NE). Avec ses 4 claviers, 43 jeux et 2395 tuyaux, il est installé dans les combles de la Maison de la Dîme à Romainmôtier, l’un des bâtiments de l’ancienne enceinte conventuelle, où il est maintenant utilisé pour des concerts, des cours, séminaires et pour l’étude de ceux qui désirent approfondir l’œuvre de Jehan Alain, qui a été largement inspiré par cet instrument. Il est classé Monument Historique.    

http://www.jehanalain.ch/

 

Construit entre 1910 et 1971 dans un pavillon de la banlieue parisienne par Albert Alain, cet instrument étonnant a été transféré en 1991, après 20 ans de démarches pour le sauvegarder, dans la Grange de la Dîme à Romainmôtier. 

Grâce à l’action de l’Association Jehan Alain, du nom du fils décédé d’Albert et compositeur génial, cet orgue a pu ainsi être restauré, avec même un son plus beau qu’avant selon Marie-Claire Alain, sœur de Jehan et également organiste de renom.

une lettre de Marie-Claire à Guy Bovet, datée du 10 décembre. Cette lettre disait :

« Hier, visite au Musée du Prieuré de St Germain et à la famille Maurice Denis, grands amis d’Albert Alain. L’harmonium d’Albert Alain se trouve toujours à la chapelle du Prieuré. A.A. l’avait donné à son ami M. Denis. La famille Denis le donnerait volontiers pour le sauver… »

Il s’agissait d’un gros harmonium de marque alors inconnue, qu’Albert Alain avait, selon cette lettre, donné à Maurice Denis, ou bien, selon d’autres témoignages, simplement entreposé dans la chapelle du Prieuré du peintre Maurice Denis (mort en 1943), un ami très proche, à Saint-Germain-en-Laye. Une des filles du peintre, Bernadette, était élève d’Albert Alain et jouait l’instrument pour les services qui avaient lieu dans la chapelle. Après la mort de Maurice Denis, le Prieuré fut transformé en musée et l’harmonium fut mis à la réserve (mais la lettre de MCA certifie qu’en 1992, l’instrument était encore à la chapelle : il y a donc de petits flottements dans les souvenirs, à moins que l’instrument n’ait été débarrassé entre 1992 et 2000). Le conservateur du musée avait plusieurs fois prié la famille Alain de le reprendre, et en juin 2000, la chose devenait urgente.

Le 12 juin, Marie-Claire Alain se rendit au musée pour revoir l’harmonium. A peine rentrée, elle nous envoyait une télécopie enthousiaste :

 

« Je viens de visiter l’harmonium Alain du Prieuré de Maurice Denis. Je suis sidérée : c’est grandiose. Evidemment, il est plein de poussière et de cornements. Mais il a une allure incroyable et encore un son audible. (…) Le meuble est très beau…très fin XIXème… »

 

 

(Photo de l’instrument à trois claviers, publiée dans la thèse d’Aurélie Gommier-Decourt, aimablement communiquée par l’auteur. Archives de l’AJA, Romainmôtier)

Lorsqu’il fut arrivé, l’Association se mit à la recherche d’une personne pour expertiser l’instrument. Il n’y avait en effet aucune indication de constructeur. D’autre part, les souvenirs de la famille et les constatations faites sur place ne concordaient pas : Marisa Bovet, qui est dotée d’une extraordinaire mémoire visuelle, était certaine d’avoir déjà vu cet instrument quelque part. Après quelques recherches, nous retrouvâmes une photo : elle se trouve à la page 74 de la thèse d’Aurélie Gommier-Decourt, fille de Marie-Claire Alain, sur son grand-père Albert

Ce document montre Albert Alain jeune, assis aux claviers d’un instrument à trois claviers et pédale ; la légende indique qu’il s’agit d’un « orgue médiophone ». Au sujet de cet instrument, Aurélie Gommier-Decourt écrit :

« En 1898, il [Albert Alain] acheta un « orgue médiophone, No 4, de six jeux ½, 21 registres, mod. G, chêne ciré », d’un prix de 950 francs, à la « Manufacture d’orgues des Andelys, Dumont et Lelièvre, spécialisée dans l’accompagnateur mécanique (système harmoniphrase), l’orgue médiophone, le choriphone-contrebasse, le claviphone ». Il fit ajouter à sa commande un clavier cinq octaves transpositeur en ivoire, dotant d’emblée l’instrument de trois claviers. »

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Published by sGc - dans travail
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